(Bilan actualisé, suspension des combats selon une chaîne israélienne)
par Laila Bassam, Jana Choukeir et Maayan Lubell
Au moins 20 personnes ont été tuées samedi lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban, a dit la Défense civile libanaise, malgré un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah entré en vigueur vendredi, Tel-Aviv disant avoir riposté à des attaques du groupe armé chiite.
L'agence de presse officielle libanaise NNA a précisé que des avions de combat et des drones israéliens avaient frappé plusieurs cibles dans le sud du pays et dans la vallée de la Bekaa.
Un responsable militaire israélien a pour sa part dit que le Hezbollah avait tiré plus de 50 projectiles sur les forces israéliennes dans le sud du Liban pendant la nuit, ce qui a déclenché des frappes contre ce que ce responsable a qualifié de "cibles du Hezbollah".
Le Hezbollah n'a pas revendiqué ces attaques.
Un haut responsable du groupe chiite soutenu par l'Iran a déclaré à Reuters que le groupe ne laisserait pas Israël jouir d'une "liberté de mouvement" sur ce qu'il qualifie de territoire libanais occupé, estime que la résistance était légitime tant que les forces israéliennes restaient au Liban.
En réponse à la poursuite des combats au Liban, l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz et appelé Washington à faire pression sur son allié pour qu'il applique le protocole d'accord signé cette semaine.
Peu après, la Chaîne 12 israélienne a rapporté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Israël Katz, avaient ordonné à Tsahal de suspendre ses opérations au Sud-Liban, mais pas de s'en retirer.
Le gouvernement israélien n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.
PRÈS DE 4.000 MORTS AU LIBAN DEPUIS LE 2 MARS
L'une des frappes israéliennes les plus meurtrières de la journée a touché un immeuble résidentiel de trois étages dans la ville de Barish, au sud du district de Tyr, tuant un père, une mère et leurs deux enfants, a déclaré à Reuters un responsable local du village.
L'armée libanaise a de son côté dit qu'une frappe israélienne avait tué un soldat sur la route reliant Kfarrumman à Nabatieh, accusant Israël de saper les efforts visant à rétablir la stabilité.
La porte-parole militaire israélienne de langue arabe a réagi en disant que le calme pourrait être rétabli si le Hezbollah mettait fin à ce qu'elle a qualifié d'activités hostiles et de violations des accords.
La présence d'Israël dans une zone de sécurité au Liban vise à éliminer les menaces et à démanteler les infrastructures du Hezbollah, non à nuire aux civils, a poursuivi la porte-parole.
Selon Le ministère libanais de la Santé, 3.912 personnes ont été tuées lors des attaques israéliennes depuis le 2 mars, parmi lesquelles des soignants, des femmes et des enfants.
Israël et le Hezbollah se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu vendredi juste après un échange de tirs mortel qui menaçait de faire capoter un protocole d'accord conclu deux jours plus entre les Etats-Unis et l'Iran visant à mettre fin à leur guerre et à apporter de la stabilité au Moyen Orient.
Malgré la violation du cessez-le-feu, des délégations américaine et iranienne sont attendues dimanche en Suisse pour entamer des pourparlers.
L'arrêt des hostilités au Liban est une des conditions pour que les pourparlers puissent avoir lieu.
Le pays s'est retrouvé entraîné dans la guerre début mars quand le Hezbollah, allié de l'Iran, a frappé Israël par solidarité avec Téhéran, en réponse à l'attaque lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël sur l'Iran.
(Jana Choukeir, version française Benoit Van Overstraeten et Tangi Salaün)

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